Les jeux de l’écriture ou les problèmes culturels à travers la traduction

Maria Orphanidou-Fréris (Université Aristote, Thessalonique)

Les jeux de l’écriture ou les problèmes culturels à travers la traduction

Partant du principe que la traduction nous donne souvent une notion partielle du contexte source, partageant la conception que traduire n’est pas bel et bien un savoir professionnel, mais aussi et avant tout une activité culturelle, voire littéraire, nous montrons, en particulier à partir des conceptions de Meschonnic, comment le recueil de nouvelles Les Passantes de l’écrivain française Sylviane Roche – qui vit et travaille à Lausanne, se considérant francophone romande – a été rendu en grec moderne. Dans cette pratique, en particulier littéraire, le processus traductif vise avant tout à adapter – pour être compris – le contexte de la langue source à la langue cible. C’est pourquoi le traducteur «imagine» souvent des tournures, des styles, des images autres que ceux du contexte du départ. Ainsi, le lecteur du contexte d’arrivée reçoit un message «infidèle» selon les uns, «trahi» selon les autres, à coup sûr «différent». Et l’image qu’il perçoit du code langagier traduit est une image, si non falsifiée, du moins «inventée», pour des raisons de compréhension. D’où le besoin d’envisager la traduction non pas comme une simple opération de transcodage d’éléments ou de transfert de sens équivalents, mais comme une forme d’acte langagier dont les variétés des mécanismes discursifs qui le structurent peuvent se restituer dans leur totalité.
Mots-clés : traduction littéraire – rythme – adaptation – équivalence – mécanisme discursif.