La traduction littéraire: source d’enrichissement de la langue d’accueil

Françoise Wuilmart (ISTI, Bruxelles, Belgique)

La traduction littéraire: source d’enrichissement de la langue d’accueil

Dans tout texte littéraire, la langue véhicule un certain “message”, non seulement par le biais de son lexique, mais aussi de ses phonèmes et de sa mélodie. Cette globalité n’est pas restituable dans une autre langue, qui fonctionne selon un système propre.
Dans un échange optimal, chaque locuteur pourrait s’exprimer dans sa propre langue, après avoir acquis une connaissance passive de la langue de l’Autre, ce qui optimaliserait la compréhension réciproque.
La traduction reste incontournable, car on ne peut apprendre toutes les langues. Deux options s’offrent au traducteur: celle du «cibliste» et celle du «sourcier».
Le processus traductif peut contribuer à ouvrir la langue d’arrivée à l’Autre, en y intégrant l’approche “étrangère” des choses et en la “fertilisant” à l’aide des spécificités langagières et culturelles étrangères. Pour mieux y parvenir, elle pourrait puiser dans ses propres avatars culturels, géographiques ou temporels d’une part, et de l’autre avoir recours à l’éclatement créatif de ses structures. Le traducteur produirait alors une “langue troisième”, située à mi-chemin entre les deux cultures ainsi mariées dans un même texte : celui de la traduction.
Mots-clés : traduction littéraire, sourcier, cibliste, ouverture, Walter Benjamin, Jean-René Ladmiral, connaissance passive, langue troisième